Ma toute première AMV *-*

Voilà, j'y ai passé toute la journée et toute la nuit,
Mais comme promis, même si c'est un peu triste et loin d'être parfait, c'est l'occasion pour moi de te dire juste
Que je pense fort à toi et que tu me manques.


Here's the day you hoped would never come
Don't feed me violins, just run with me
Through rows of Speeding Cars
The paper cuts, the cheating lovers
The coffee's never strong enough
I know you think it's more than just bad luck

There, there, baby
It's just text book stuff
It's in the ABC's of growing up
Now, now, darlin'
Oh don't lose your head
'Cause none of us were angels
And you know I love you, yeh

Sleeping pills, no sleeping dogs lie never
Far enough away
Glistening in the cold sweat of guilt
I've watched you slowly winding down for years
You can't keep on like this
Now is as bad of time as any

There, there, baby
It's just text book stuff
It's in the ABC of growing up
Now, now, darlin'
Oh don't kill yourself
'Cause none of us were angels
And you know I love you, yeh

It's okay by me
It's okay by me
It's okay by me
It was a long time ago

It's okay by me
It's okay by me
It's okay by me
It was a - long - time - ago

There, there, baby
It's just text book stuff
It's in the ABC of growing up
Now, now, darlin'
Oh don't lose your head
'Cause none of us were angels
And you know I love you, yeh

There, there, baby
It's just text book stuff
It's in the ABC of growing up
Now, now, darlin'
Oh, don't kill yourself
'Cause none of us were angels
And you know I love you, yeh
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# Enviado el martes 07 de julio de 2009 06:21

Mon premier RP <3

Mon premier RP <3
1/ Sano-kun

Il abaissa délicatement son corps endoloris dans l'eau bouillante du bain en marbre, faisant ainsi monté légèrement le volume du liquide jusqu'à le faire débordé un peu sur le carrelage froid de la salle de bain. Il serra les dents et s'agrippa brusquement aux bords du bain, crispant les muscles de ses bras pour se faire remonter le plus rapidement possible. Un son s'éleva du fond de sa gorge, il s'étouffa, le c½ur battant la chamade, le corps parcourut de convulsions involontaires. La douleur se faisait cuisante, mortelle. La lame avait entaillé sérieusement sa taille, laissant une fine coupure aux contours boursoufflés et rougeoyants. Il gémit de douleur, la respiration rapide et saccadée, puis se décida à redescendre son corps dans l'eau presque incandescente ; il devait absolument combattre le mal par le mal et ce dans le seul but d'éviter toute infection, tous types confondus. Au fur et à mesure, sa peau s'effaça dans la faible profondeur de l'eau et, enfin, ses fesses touchèrent le fond, accompagnées d'un petit râle rauque, sûrement de douleur. Ses bras vinrent se poser sur les accoudoirs encastrés dans la pierre polie, et, exerçant une faible pression, il parvint à allonger le reste de son corps dans le bain, venant ensuite poser son dos contre une paroi plus inclinés que les autres. Dans cette position, il n'était possible de voir que sa tête, visage angélique aux traits douloureux. Si on s'approchait un peu, le haut de son torse était perceptible, subtilement, peau blanche qui s'embrouillait rapidement sous la masse de l'eau. Peu à peu, un voile rouge s'esquissa violemment, brouillant l'eau chaude.
Le souverain, las, ferma les yeux et laissa son visage s'enfoncer un peu plus dans le liquide vermeille.

Aussitôt, la porte de la salle de bain s'ouvrit avec violence, se fracassant presque contre le mur sur lequel elle se heurta. Un homme imposant et à la fière allure pénétra dans la pièce, visiblement en colère. Son fourreau atteint le sol avec force, suivit de la partie lourde de son armure qui tomba bruyamment. Sa cape, d'un rouge sombre, presque noir sous le faible éclairage aux chandelles de la pièce, vint recouvrir ses effets personnels. L'homme posa un genoux sur le sol, s'inclina respectueusement devant son supérieur, puis se redressa, le regard inquiet.

«Vous n'êtes pas raisonnable, mon Seigneur.»

Le Conseiller s'approcha lentement, gardant la distance obligatoire et indiscutable d'un mètre cinquante entre le bain et lui. Le jeune homme allongé dans l'eau bouillante ne répondit pas et garda les yeux clos.

«Il fallait être totalement fou pour s'enfuir ainsi, durant la nuit. Regardez-vous, regardez dans quel état pitoyable vous êtes ! Et cette blessure ! C'est tout à fait irresponsable venant de vous. »
« J'avais besoin de liberté, Sebastian. J'avais besoin de respirer. »
« Je n'ai que faire de votre liberté ! Je suis à vos côtés parce que votre défunt père m'a ordonné de veiller sur vous avant de mourir. C'est mon devoir de vous protéger et de m'occuper de vous. »
« Je suis assez vieux maintenant, Sebastian. Je n'ai plus besoin de nourrice.»


Le jeune homme immergé se redressa légèrement, laissant paraitre le bout de ses épaules. Il referma à les yeux, de nouveau foudroyé par la douleur brûlante que ne cessait de lui infligé la longue coupure dans son flanc gauche. Il s'agrippa à nouveau aux bords du bain et souleva difficilement sa silhouette dans un faible gémissement, presque étouffé, comme s'il forçait le reste de son orgueil, en morceaux, à essuyer la douleur sans ne rien laisser paraître, comme si de rien n'était. Il se redressa sans pudeur, tendant ses jambes pour se retrouver entièrement debout, face à son interlocuteur. Celui-ci, un peu intimidé mais habitué, porta immédiatement les yeux vers la blessure de son souverain, béante et saignante. Il se redressa aussitôt et s'élança vers sa cape qu'il venait de poser sur ses affaires, à quelques mètres de lui. Il gravit les deux marches du petit escalier, s'en saisit brusquement, et se retourna vers le jeune homme qui n'avait toujours pas bougé. Il découvrit à nouveau sa silhouette élancée, svelte, puis la coupure net sur sa taille.

«Approche.»

Le Conseiller hésita quelques secondes, puis avança de quelques pas. Il s'arrêta à environ un mètre cinquante du prince, ne pouvant se permettre d'avancer plus près. Malgré le lien étroit qui les réunissait, personne n'avait le droit d'approcher le prince, et encore moins de le toucher. Sous peine de mort. C'était la règle, bien qu'elle ne soit jamais ordonnée, ni même écrite où lue. Il s'agissait d'une loi qui régissait la hiérarchie depuis toujours, une loi qui existait depuis la nuit des temps et qui se devait d'être respectée. Voilà pourquoi ses jambes se bloquèrent nettes devant le jeune homme, à quelque pas de lui, malgré son ordre d'avancer.

«Avance.»

Sebastian hésita à nouveau, un instant. Il n'avait pas le droit. Il se décida enfin à faire un pas, puis un autre, abdiquant aux ordres du prince qui agissait contre le règlement tabou. Il tendit le morceau de tissu pourpre devant lui, faisant bien attention de ne pas approcher trop près.
Le prince s'avança légèrement, l'eau aux genoux, étira un bras, puis se saisit de la cape épaisse. Il la noua sans cérémonie autour de sa taille, un peu en dessous de son nombril, où était incrustée l'Encre. Il releva ensuite la tête vers l'homme devant lui. Celui-ci n'avait toujours pas bougé, et se tenait toujours aussi près de lui.


«Ce n'est pas sa faute. J'étais accoutré de façon peu commune et j'approuve tout à fait sa réaction vis-à-vis moi. Il n'exécutait que les ordres de son général, c'est à dire toi, Sebastian. Il ne devait laisser entrer personne. Non, il ne sera ni pendu, ni tué. Offre-lui plutôt une bourse de compensation et de bonne conduite, gradue-le. Il m'a très bien blessé, je dois dire.»


Le général frissonna devant tant de maturité pour ce jeune âge. Il fixa son regard droit devant lui, croisant celui de son prince, et le soutint un moment. Il ne savait pas quoi répondre de pertinent et en déduit, donc, qu'il serait plus judicieux de se taire. Il mit un genou au sol puis inclina doucement la tête comme seul réponse. Il se releva, se retourna, et se dirigea vers son épée et son plastron qui jonchait le dallage délicat de la salle de bain. Son pied, habile, se mouva avec tant d'aisance et de souplesse que le fourreau qui se trouvait auparavant au sol s'éleva soudainement dans les airs, et il s'en saisit aussi facilement que d'une pinte de bière. Il avait exécuté ce geste aussi comme s'il ne s'agissait que d'une routine, et le souverain, derrière lui, ne pu s'empêcher de sourire, visiblement amusé par cette cérémonie orchestrée que pour la fantaisie. L'homme courba son dos et agrippa le lourd plastron sans fioritures.

« Sebastian, passe me voir dans ma chambre vers minuit. »

Le Conseiller ne posa aucune question et quitta la salle de bain, laissant derrière lui sa cape et le jeune prince.



2/ Azakura-san

Voila longtemps que Sebastian ne mettait plus les pieds dans la chambre du jeune prince, même s'il fût un temps où ses allées et venues étaient quasi-quotidiennes, notamment pendant toute la période d'enseignement civique et de bienséance que l'on destinait alors par tradition au futur représentant et souverain du royaume. Le général devait alors se porter garant de l'assiduité de son protégé vis à vis des différents professeurs qui défilaient chaque jour dans les appartements prestigieux. Mais les années s'étaient consumées et avec elles, l'innocence et la candeur propres à l'enfance, même si aujourd'hui encore, le dauphin avait davantage l'apparence d'un jeune éphèbe plutôt que celle d'un tyran ou d'un guerrier sanguinaire. Cela n'en donnait que davantage de complémentarité à ce binôme atypique, car même si le prince savait faire preuve d'autorité et d'aisance dans son rôle, la présence permanente de Sebastian à ses côtés ne lui donnait que plus de crédit.

Lorsque les cloches de l'abbaye mitoyenne sonnèrent minuit, le général s'annonça, sur un ton déterminé et dénotant d'une loyauté sans faille. Lui parvint venant de l'autre côté de la porte massive la voix affaiblie de son maître, l'invitant à entrer.
La pièce était incroyablement luxueuse, décorée dans un style baroque aux tonalités rouges et or. Dans une ambiance d'obscurité relative et oscillante, quelques chandeliers chargés de veilleuses semblables à celles que l'on pouvait trouver à la chapelle apportaient une chaleur prononcée à l'ensemble, soulignée par un paisible flamboiement dans l'âtre de la grande cheminée au dessus de laquelle trônait le portrait de l'ancien roi, père du prince Lénaïc, confié aux soins de son fidèle ministre des armées, en l'occurrence Sebastian. A ses côtés sur ce tableau de maître, la reine apparaissait, sereine, son visage à l'ovale parfait et au teint de nacre, caractères hérités et incarnés avec grâce en sa progéniture.

L'hiver était rude et la chaleur de la pièce appréciable. A peine en eut il franchit le seuil que le général s'inclina, genoux au sol et regard de côté, ne voulant imposer un regard trop osé en ces circonstances sur son souverain convalescent.
"Relèves toi. Je ne t'ai pas convoqué à une heure aussi tardive pour faire des démonstrations de protocole."
Le timbre légèrement inhabituel de la voix du jeune homme laissait entrevoir une douleur encore bien vive qui devait le lancer en son flanc. Il se trouvait dans son lit à baldaquins, un peu redressé, le dos appuyé sur de gros édredons. Nu sous ses draps de satin et étoffes de velours brodées des plus raffinées, un bandage de tissu le ceinturait fermement à la taille. Visiblement torturé par une douleur déraisonnablement forte, l'adolescent transpirait et son regard laissait entrevoir une certaine détresse maladroitement réprimée. La fatigue aidant, l'impossibilité de s'endormir en de telles circonstances, la déception que son escapade clandestine avait dû causer à son tuteur, tout cela venait le tourmenter et le conforter dans un état d'abattement qu'il ne s'était alors jamais autorisé. Pour la première fois, il éprouvait le besoin de se confier un peu, de lâcher du leste. Ses parents lui manquaient plus que jamais, et les souvenirs qu'il lui restait d'eux s'éloignaient de plus en plus dans les brumes obscures de sa mémoire. Mais également, les câlins de sa mère, les frictions assurées de son père dans sa chevelure dorée lui faisaient cruellement défaut. Jusqu'à ce qu'il soit intronisé roi, personne ne pouvait plus le toucher, telle était la règle. Et lorsque l'on devient orphelin, qu'il est dur de faire face à un tel silence tactile pendant tant d'années.

Sebastian, inquiet, déposa son regard indulgent sur Lénaïc, et devant la dévotion qu'il lui témoignait depuis si longtemps, il comprit immédiatement l'état d'esprit dans lequel se trouvait son petit protégé. D'ailleurs, il l'avait même anticipé, car chaque jour, l'homme considérait avec fierté le mérite dont son futur souverain faisait preuve en de multiples circonstances. A chaque instant, il se sentait prêt à le soutenir, à l'épauler, voyant en l'orphelin l'incarnation filiale de celui qui avait fait de sa vie une telle réussite, le roi Geoffroy, son ami de toujours avec qui il avait guerroyé bravement sur de nombreux champs de bataille, sans parler de ces banquets et beuveries gargantuesques auxquels ils avaient participé invariablement ensemble de par tout le royaume et même lors de leurs épopées plus lointaines.

Chaque jour, il revoyait son camarade, son ami, son mécène, son Roi, mourant presque dans ses bras, lui faisant promettre de ne jamais faillir à cette tâche de prendre en main l'éducation de son jeune fils afin d'en faire un roi digne de son ascendance.
Se précipitant aussitôt braver l'ennemi et les flammes qui avaient alors envahi les appartements du château, Sebastian s'était lancé à corps perdu, laissant déferler toute sa colère et toute sa rage contre ceux qui venaient de lui enlever ce qu'il avait de plus cher et à quoi il avait voué toute sa vie. Lorsqu'il trouva l'enfant, il l'enveloppa dans un linge, et tel un bélier que rien ne peut arrêter, il chargea vers cette vie nouvelle qui les attendait, le regard fixé sur l'objectif de la promesse qu'il venait de sceller. Ce fut la dernière fois que le prince se trouva être physiquement si proche de quelqu'un. Il en rêverait souvent les nuits, cauchemar intriguant, parfois aux tonalités effroyables, parfois charnelles.

Dès lors, investi de cette mission au caractère presque divin, le général s'était pris d'affection pour ce petit bout d'homme qu'il considérait souvent, même s'il ne l'exprimait jamais ouvertement, avec tendresse et paternalisme. Ça ne l'empêchait pas de faire preuve de sévérité et d'autorité lorsque les situations le nécessitaient, allant même parfois jusqu'à imposer des exercices physiques des plus rudes afin de forger ce corps et ce caractère fort, un brin rebelle.
Ayant refait la chronologie de ce qui les reliait dans son esprit, l'homme se redressa et s'enquit de l'état de santé de Lénaïc :
"Mon Seigneur, je m'inquiète pour votre blessure."
Serrant les poings et la mâchoire, il soupira gravement :
"Votre père ne me pardonnerait jamais qu'une telle chose se soit produite."

Affaibli, plus sensible que jamais, l'adolescent eut du mal à contenir son émotion face à cette déclaration. Se reprenant du mieux qu'il le pu avec une sorte de pudeur vis à vis des sentiments qui l'assaillirent, il pria son gardien de venir s'assoir à ses côtés.
"Sebastian, pour une fois, j'aimerais te sentir près de moi, s'il te plaît."
Les larmes aux yeux causées en partie par un accès de fièvre, le corps blême et luisant souriant de douleur, il ajouta avec une contenance prête à voler en éclats :
"J'ai mal Sebastian." puis dirigeant son regard vers ses bandages qui s'imprégnaient encore de sang, les mains glissant de ses coudes vers ses épaules, d'un air innocemment coupable, presque il sanglota, la lèvre inférieure tremblante malgré ses dents qui venaient s'y enfoncer afin de rendre les douleurs plus supportables :
"Mes parents me manquent terriblement."



3/ Sano-kun

Lenaïc s'efforça de garder son calme un moment, fermant les yeux pour ne plus rien voir, espérant aussi ne plus rien entendre. C'était la première fois que Sebastian assistait à une scène aussi chargée en émotions. Quelque heures plus tôt encore, son jeune prince ne démontrait aucune faiblesse, aucun écart qui pouvait laisser quelqu'un imaginer une douleur aussi vive et aussi profonde. L'orgueil qui emprisonnait normalement ses sentiments semblait s'être dissout, évaporé devant cette stupide blessure à la taille, cette simple blessure qui le faisait autant souffrir à la fois physiquement et psychologiquement. Le poids accumulé depuis des mois, le faix qu'il devait porter face au décès de ses parents l'assassinait de plus en plus sournoisement, tel un poison venimeux qu'on lui injecterait petit à petit, chaque jour. Il était devenu roi d'un royaume du jour au lendemain, roi d'un peuple qui réclamait justice et diplomatie continuellement. Il était surtout devenu un adulte, arraché à son univers enfantin et plaisant, où il pouvait jouer et rire sans avoir peur des conséquences que pourrait apporté un tel divertissement. Tous ses évènements, accumulés, entassés au plus profond de sa chair, heure après heures, jour après jours, semaine après semaines, tout devenait trop important. Et cette minable blessure inutile vint faire débordé le vase, cette stupide marque rougeoyante sur sa peau vint le faire craquer. Je ne suis pas prêt, je ne veux pas devenir un adulte. Ce qui était pire, par-dessus tout, c'était cette interdiction, cette loi maudite qui empêchait toute chaleur humaine de s'approcher de lui pour le prendre dans ses bras, pour lui montrer combien on pouvait l'aimer, et combien on pouvait apprécier son comportement chevaleresque et mature pour son jeune âge. Il se sentait si seul, si seul au fond d'un gouffre, inondé par le règne et par la structure hiérarchique qui régissait sa vie entière.

« Sebastian, pour une fois, j'aimerais te sentir près de moi, s'il te plaît. »

Le Conseiller ne bougea pas, déchiré par son envie de le prendre dans ses bras pour lui faire comprendre à quel point il tenait à lui, à quel point, sans lui et toute sa famille, il ne serait plus rien. Il posa son regard désolé sur la mince silhouette du jeune prince, masse en partie ensevelit sous les draps de soie rouge ornés de filament dorés, subtils. Il détailla ainsi la beauté de ses traits angéliques, de sa posture droite malgré la douleur lancinante qu'il devait ressentir sur toute la longueur de sa colonne vertébrale. Il se surprit à sourire, malgré l'importance de la scène remplie de tristesse, un sourire de fierté devant l'allure si forte et si endurante que le prince se forçait à laisser paraître. Il sentit une once de chaleur lui perforer la poitrine, de la tendresse à l'égard de ce jeune homme si indépendant.

« J'ai mal, Sebastian. Mes parents me manquent terriblement. »

L'homme fut tiré de ses rêveries par la voix emplie de tristesse du jeune prince. Il releva la tête et posa son regard sur lui, attristé de le découvrir dans un tel état de mélancolie. Jamais encore il n'avait pu lire en lui comme un livre ouvert, lire tant de sentiments qui se succédaient et se mélangeaient. Habituellement, il semblait si froid, si rigide. Jamais il n'aurait pu croire qu'un tel fardeau pesait sur ses épaules. Sans même ressentir les mêmes choses que le jeune garçon, Sebastian pouvait deviner la source de sa tristesse et de ses larmes. Il décida enfin de s'approcher, enfreignant une nouvelle fois la limite permise, un pincement étrange au coeur. Il fit quelque pas incertains, puis s'arrêta lorsqu'il se retrouva à deux centimètres du lit. Il s'agenouilla pour être à la même hauteur, et sans prévenir, glissa sa main sous la soie rouge pour venir agripper les doigts fins et élancés du jeune prince. Il serra sa main dans la sienne, la tête abaissée pour voiler son visage d'une certaine pénombre.

« Je serai toujours près de vous, mon prince. Je serai toujours là pour vous protéger, c'est ce que j'ai promis à vos parents, et c'est ce que je ferai. Et cela, même si je devais y laisser ma vie, et me damner aux enfers pour l'éternité. »

Le jeune homme cessa de respirer lorsqu'il sentit les grands doigts de son Conseiller se refermer sur sa petite main. Il tourna immédiatement la tête vers lui, les yeux brillants de surprise et d'étonnement. Depuis combien de temps, depuis combien de mois il n'avait pas touché quelqu'un ? Depuis combien de temps n'avait-il pas sentit la douceur d'une caresse, la douceur de la peau. Cette seule main enserrant la sienne le fit sombrer dans ses souvenirs, subtiles réminiscences enfermées au plus profond de son être, enfermées à clefs pour ne plus souffrir de ce manque. Il revit ce jour triste où il perdit ses parents dans l'incendie, ce jour où, désormais, tout plaisir et toutes sensations agréables lui étaient interdites. Il serra la main sur ce contact tendre, fermant les yeux pour laisser les souvenirs douloureux refaire surface.

« Maman, un jour j'épouserai Sebastian, parce qu'il est gentil. »
« Lenaïc, tu ne peux pas épouser un homme, puisque tu en aies un. C'est impossible. »


Tu te souviens, Sebastian, lorsque j'étais jeune. Je voulais t'avoir comme époux. Mon père trouvait que ce que je disais était amusant, mais ma mère ne cessait jamais de me répéter que c'était odieux de dire une telle chose. Tu te souviens ? Dans ce temps, il y a quelques années, tu n'étais pas encore son Conseiller. Tu étais son élève, et tu apprenais tout ce qu'il fallait savoir pour être un bon Conseiller. Tu étais aussi très près de moi et de ma mère, et tu t'occupais souvent de moi. Tu te souviens ? Tu m'avais dis la même chose. Je serai toujours près de vous, mon prince. Je serai toujours là pour vous protéger, c'est ce que j'ai promis à vos parents, et c'est ce que je ferai. Et cela, même si je devais y laisser ma vie, et me damné aux enfers pour l'éternité. Tu te souviens ? Et moi, je disais que la seule chose dont j'avais envie, c'était de t'épouser parce que tu étais tellement gentil avec moi. Tu te souviens ? Maintenant, les années ont coulées, se sont évaporées comme l'eau du Grand Lac dans la cours. Tu as grandis, tu es devenu un adulte avant moi. Tu ne dois plus ressentir ce que moi je ressentais pour toi. J'ignore si mes sentiments ont changés. Avec tout ce qui se passe dans une journée, je n'ai plus le temps de te voir comme le jeune homme que tu étais quand mon père, le roi, t'as prit sous son aile. J'ai grandis aussi, mais nous avons toujours gardé cet écart de quelques années. Tu es devenu un homme, et je suis resté un enfant enfermé, opprimé, dans le corps d'un jeune adulte, nouvellement adulte, plutôt. J'ignore pourquoi je repense à tout ça, et j'ignore si un jour j'oserai te le dire. J'aurai préféré ne pas me souvenir de tout cela. C'est trop dur, et c'est pourquoi, je crois, et j'en suis certain, je vais enfreindre les règles, simplement pour t'embrasser.


Le jeune prince, les larmes inondant son visage, approcha ses lèvres des siennes, et dans la torture de l'envie, inquiet d'être repoussé, ou encore jugé, embrassa son Conseiller, l'homme avec qui il avait grandit et qu'il voulait épouser autrefois, il y a bien longtemps. Dans une autre vie, peut-être. Lorsqu'il était enfant.



4/ Azakura-san

« Je serai toujours près de vous, mon prince. Je serai toujours là pour vous protéger, c'est ce que j'ai promis à vos parents, et c'est ce que je ferai. Et cela, même si je devais y laisser ma vie, et me damner aux enfers pour l'éternité. »

Il se rappelait de cette petite bouille, ce visage innocent, sali par la fumée et les cendres, ces grands yeux verts embués, plongés dans les siens, ces yeux qui à ce moment là ne perçurent que lui, emplis d'un vide immense laissé par tant de douleur et qu'il se promettrait de guérir, avec le temps.
Il ne savait si son prince se souviendrait de ces quelques phrases. Lui, il se les répétait presque chaque jour, comme la signature du pacte qu'il avait passé avec son défunt roi, comme le compendium de toute son existence, une sorte d'exorcisme aussi, de cette culpabilité qui l'assaillait à chaque fois qu'il repensait au massacre dont il avait été témoin. Lui qui était le garant de la sécurité du royaume n'avait su empêcher ce régicide atroce. Stigmate de ce jour sanglant, sa vie n'était plus sienne mais reposait désormais entre les mains de Lénaïc.

Et cette main lui paraissait si petite, si fragile, en cet instant si faible, abandonnée, fragment de ce corps qui renonçait aux préceptes ancestraux qu'on lui avait alors inculqué, comme étant la raison, la garance de sa pureté et même du sens de son existence. A moins que ça n'ai été lui, Sebastian, qui venait de violer cette sphère sacrée, dans un mélange de désir jusqu'alors contenu, et de compassion. Ce contact lui semblait si osé, interdit par nature, tellement intime. Lui dont le corps avait combattu, enduré, souffert, qui ne s'était jamais empêché, ou restreint de quoi que ce soit, capable, avec ses mains puissantes de se saisir de tout ce qui le séduisait, ou dont il souhaitait prendre possession, souvent avec violence, armes, escarcelles, gibiers, femmes, poitrines, croupes, tripes ...
Cette fois il devrait faire attention, se contrôler, la valeur n'en était pas la même, inestimable. Il se surpris lui-même de pouvoir faire preuve d'autant de précaution, il ne se sentait pas à l'aise à essayer de témoigner une quelconque douceur ou bienveillance d'une si subtile façon. Mais il le faisait pour son prince, et cela justifiait une telle audace.
Il sentit les doigts délicats se refermer pour enserrer les siens, et relevant la tête pour décrire du regard cet organisme en souffrance, victime d'une douleur délétère, et remarqua cependant l'émotion de l'adolescent, dont les mouvements respiratoires s'intensifiaient singulièrement.
Une pulsion à la tonalité sensuelle transgressa l'insensibilité habituelle du général. Observer ce corps nu, affligé, traversé par un tel mélange d'émotions, le moins qu'il ai pu faire alors fut de s'autoriser une caresse discrète avec son pouce, sur les phalanges orphelines, appuyée, significative.
Il pouvait ressentir le pouls de son protégé battre entre ses mains, s'accélérer même devant l'initiative charnelle qu'il venait de prendre.

Des images passèrent dans son esprit, comme des parasites qui venaient ajouter de la gravité à ce qu'il venait de permettre, toutes ces choses qu'il prenait plaisir à perpétrer en temps de guerre, ces corps qu'il pouvait en arriver à torturer... Lorsqu'il sentait un coeur s'accélérer, en général c'était devant l'horreur de ce qui attendait ses victimes, au début cela intimide mais un guerrier arrive rapidement à s'y accommoder, à s'en amuser même. Tout comme lorsque ses besoins les plus primaires s'exprimaient avec une femme, sentir ainsi un rythme cardiaque s'emballer le stimulait particulièrement.
Ce corps fin à la cambrure prononcée le séduisait, il s'en était une fois de plus rendu à l'évidence quelques heures auparavant, aux bains. Mais il ne pouvait imaginer une quelconque proximité, encore moins une étreinte avec un homme, avec ce jeune homme, son souverain. C'était quelque-chose de plus subtil, entre admiration et désir de façonner, puisque tel était désormais son rôle.

Perdu dans ses propres ressentis, il ne vit pas le prince se redresser, mais il sentit les lèvres enlarmées, roses et fraîches se déposer sur les siennes. Jamais personne ne l'avait embrassé auparavant. Bien sûr sa bouche connaissait le gout de la peau, de la chair, mais jamais on ne lui avait imposé le moindre contact charnel. D'ordinaire, c'était lui qui prenait toutes les initiatives, c'était lui qui menait la danse et qui dominait ses partenaires. Perturbé, entre un frisson d'excitation, attendrissement et effroi, il rejeta spontanément le prince vers ses oreillers, sans lâcher sa prise ceci dit, leur baiser résonnant comme le début d'une sorte de jeu étrange.
Il ne le lâcherait donc pas. Il avait voulu le ressentir ? Alors soit ! Il resserra l'étau que sa main formait autour de celle du jeune homme, comme une sanction pour hérésie, puis d'un geste, la plaquant, l'enfonçant dans le matelas, il fit remonter sa contrainte au niveau du poignet chétif. Il s'apprêta alors à parler, voulant réprimander, mais ne trouva pas les mots.
Un silence figea l'instant.
Comme exaspéré devant sa propre incapacité à réagir, comme pris par défaut par l'ennemi, le seul réflexe que sa nature lui permettait fut d'étendre sa contrainte à l'autre bras, avec rudesse, se plaçant presque au dessus de la silhouette fragile.
" Regardez moi." osa-t-il intimer à son maître.
Le prince n'obéit pas, sans doute avait-il honte de ce qui venait de se produire, ou au contraire voulait il une fois de plus faire preuve de caractère.
L'homme ne supporta pas cet affront. Il franchit l'enceinte du lit, chevauchant alors ce corps écartelé par son châtiment qu'il essayait de ne pas trop intensifier, en dépit de sa stature athlétique et de ses automatismes de combattant. Lui-même ne savait pas s'il devait être sérieux ou au contraire, vu le mal qui avait deja été fait aux traditions ce soir là, plus indulgent et joueur.
Nouveau silence.
Il en profita pour observer cette anatomie éprouvée, ce torse élancé, étiré, cette peau si blanche, suave, ce cou vulnérable dont les tendons et les veines suggéraient une fragilité au mutisme insolent. Sebastian se vexait de ce refus qui perdurait et ne comprenant pas que sa répulsion ai pu être blessante, il s'énervait contre cet enfant aux attitudes immatures et provocantes.
Était-ce là tout ce qu'il méritait? Après tous les sacrifices qu'il avait dû faire, lui qui s'était bien souvent saigné aux quatres veines pour faire passer les désirs de son prince avant les siens, étais-ce là le résultat attendu ? Était-ce ainsi qu'il parviendrait à devenir un homme, un vrai ? Capable de régner sur un pays entier ? Ne pouvait il faire face à la responsabilité de ses propres décisions ?
Non, les hommes ne réagissent pas ainsi ! Le dauphin de ce royaume n'est rien de plus qu'une femmelette, avec cette anatomie chétive, cette sensibilité exacerbée, cette fragilité inestompable, comment pouvait il se permettre d'agir ainsi !?

Ces pensées débloquèrent des souvenirs jusqu'alors ignorés depuis fort longtemps. Il revit son prince, tout petit, bien avant qu'ils commencent à véritablement se connaître, se cachant de lui dans les jupons de sa mère la reine, timide, l'observant avec malice et idolâtrie. Puis, lorsqu'il s'éloignait, parfois il entendait l'enfant badiner : "Maman, un jour j'épouserai Sebastian !"
C'était donc ça.
Déclic.
Le lien paraissait évident. Tout au moins pour sa logique d'hominidé, bien qu'étant très bien instruit, plus primaire qu'intellectuel.
Le pouls qu'il ressentait aux poignets s'activa encore davantage, dénotant, il le devinait, d'autre chose que l'indifférence effrontée ainsi affichée.
Une nouvelle pulsion, empreinte de fébrilité, devant la complexité des sentiments qui l'envahissaient, transforma sa vision de l'instant. Reluquant cette poitrine haletante, ces mamelons détendus par les courbures ainsi manipulées, cette peau moite, à l'aspect pur et raffiné, pourtant avide de contacts et d'attouchements, son mépris et sa colère se transformèrent en tentations, désirs de se faire obéir et de soumettre à son injonction.
Après tout, si son prince le désirait d'une quelconque façon, il ne lui refuserait pas la docilité escomptée. Voulant s'en assurer, lentement il se pencha en avant, et souffla à l'oreille de son captif :
"Très bien, mon Seigneur, je vous laisse le choix entre assumer vos actes et me faire face, ou persévérer dans votre misérable déficience."
Ainsi, quoiqu'il puisse arriver, il venait de contraindre le prince à devoir lui obéir. Dans un cas comme dans l'autre, il serait soumis à son autorité, ou à ses désirs les moins avouables. Il lui laissait alors le choix de se comporter comme un homme et de prendre ainsi la mesure de ce qu'il venait de faire, ou de se laisser considérer et soumettre comme toute femme passant entre ses bras, avec cependant une attention toute particulière au regard des sentiments profonds qui les unissaient depuis si longtemps.
Puis redescendant, un sourire en coin disparut de son visage lorsqu'il ouvrit les lèvres de manière à faire adroitement glisser sa langue dans l'encolure contractée et fiévreuse. Il fut agréablement surpris d'en éprouver autant de plaisir que s'il s'agissait d'un corps féminin. Plus que ça, cet épiderme avait le gout de l'interdit, pour tant de raisons. Et même si aujourd'hui Sebastian était devenu un homme, un adulte, ce qui le reliait à Lénaïc permettait cet instant de les replacer dans leurs rôles de complices respectifs, enfants alors turbulents, parfois désobéissants. Lorsque le prince était devenu jeune adolescent, il n'y en avait pas un pour rattraper l'autre, et lorsqu'une bêtise venait d'être faite, foutus pour foutus, il leur était difficile de ne pas progresser dans la transgression. Et c'était bien là ce qui était en train de se produire, dans un tout autre registre, largement moins innocent.
Avec adresse, Sebastian réunit les deux poignets involontairement endoloris dans sa main gauche, qu'il maintint au dessus de la tête du prince qui ne se décidait toujours pas à le dévisager, et de sa main droite, il caressa érotiquement la gorge, les côtes, la hanche puis la cuisse de sa victime. Sa bouche conquérante avait pris position dans le creux de l'épaule, et comme si la douleur infligée par la blessure ne suffisait pas, il saisit fermement la clavicule entre ses mâchoires et força jusqu'à faire échapper un petit cri à sa proie.
Toujours la tête de côté, les joues rougies, le souffle court, Lénaïc sanglota :
" Sebastian... "

# Enviado el sábado 11 de julio de 2009 01:26

Modificado el martes 14 de julio de 2009 19:27

~ Portrait ~

~ Portrait ~
Un grand Merci à Cat pour son cadeau d'anniversaire

C'est bien la première fois qu'on fait un portrait de moi *_*
C'est trop mignon ^-^

# Enviado el sábado 25 de julio de 2009 08:40

I

I
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# Enviado el sábado 25 de julio de 2009 10:41

Modificado el lunes 10 de agosto de 2009 21:46

II

II
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# Enviado el sábado 25 de julio de 2009 10:44

Modificado el lunes 10 de agosto de 2009 21:48

III

III

# Enviado el sábado 25 de julio de 2009 10:46

Modificado el lunes 10 de agosto de 2009 21:56

IV

IV

# Enviado el sábado 25 de julio de 2009 10:47

Dash Berlin - Till the sky falls down

It's been so long since I have touched you
I can't remember how it feels
To have your lovin' arms around me
This is the pain that never heals

I'll be waiting
Till the sky falls down
Let the rain clouds come...
I'll be waiting
Till the sky falls down
Till you come around, baby

All my life I have been searching
For someone honest, just like you
You left me here without a reason
Every tear belongs to you


All I need is one good answer
To understand why you are gone
Everything reminds me of you
Without you, I can't go on

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# Enviado el sábado 08 de agosto de 2009 20:22

"Pardonne moi"

"Pardonne moi"
"Si la douleur remue tout
Qu'elle me broie

Car en moi guète un silence sans fard,
Un nulle part..."


*

Xouv : The end

# Enviado el domingo 09 de agosto de 2009 23:18

Modificado el martes 11 de agosto de 2009 22:30